Dans toutes les entreprises, qu’elles soient autogouvernées ou avec structure hiérarchique, la confiance est le secret d’une collaboration productive et joyeuse. Mais la confiance a du mal à s’épanouir quand chacun se cache, jusqu’à un certain point, derrière son masque professionnel.

Ce n’est pas seulement de la productivité que nous perdons : à un niveau plus profond, notre humanité souffre du manque de profondeur des relations que nous entretenons, quand nous ne nous relions pas aux autres au niveau essentiel. Si nous voulons travailler en confiance, si nous espérons des relations profondes, riches et qui ont du sens, il faut que nous nous révélions davantage tels que nous sommes.

Si nous voulons travailler en confiance, il faut que nous nous révélions davantage tels que nous sommes. 

Beaucoup de sociétés sacrifient à la mode du team building quand la cohésion entre les collègues n’est pas assez forte. Pour cela, aller jouer au bowling ensemble peut constituer un changement sympa par rapport à la routine professionnelle, mais ce genre d’activité est assez convenu : il reste superficiel et ne nourrit pas vraiment en profondeur la confiance ou l’esprit de groupe. Il manque à ces manifestations l’ingrédient essentiel que l’humanité utilise depuis la nuit des temps pour construire un groupe et créer un fonds d’histoires partagées : la pratique de la narration (storytelling). Nous avons oublié le pouvoir de rapprochement qu’ont les récits et, parallèlement, nous avons laissé les liens qui nous unissent s’appauvrir et se déliter. Nous devons retrouver le pouvoir de raconter des histoires, comme le dit Parker Palmer :

Mieux vous connaissez le parcours de quelqu’un, moins vous pouvez vous en méfier ou ne pas l’aimer. Vous voulez savoir comment tisser des relations de confiance ? Faites connaissance. Et cela peut se faire en posant des questions simples qui trouvent leur place dans le cours du travail, ce qui fera des entreprises non seulement des lieux où l’on emploie des personnes, mais où l’on honore leur âme.

Vous voulez savoir comment tisser des relations de confiance ? Faites connaissance.

C’est comme cela que l’on crée dans le groupe un tissu de relations résilientes en temps de crise et pleines de ressources quand on en a besoin. Mais il doit être tissé avant que le besoin ou la crise ne se présentent, car alors il est trop tard, dans la tension du moment, pour faire émerger une conscience de groupe. Assurons-nous, que nos façons de parler et d’agir nous permettent de construire des communautés professionnelles autour des personnes et pas seulement des tâches, autour des âmes et pas seulement des rôles. »

in : Frédéric Laloux, Reinventing organizations, Vers des communautés de travail inspirées, éd. diateino, Paris, 2015

Pour aller plus loin : Parker Palmer, « On the Edge : Have the Courage to Lead with Soul », Journal for Staff Development, National Staff development Council, printemps 2008

Le 11 octobre dernier, SCIENCEO était partenaire éditorial du FORUM RH organisé à Nantes par le CCO sur le thème de la confiance.

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