Les réunions peuvent faire ressortir ce que la nature humaine a de meilleur comme ce qu’elle a de pire. Dans le meilleur des cas, elles peuvent être des endroits où la présence des autres nous aide à écouter ce qui est authentique en nous et à nous découvrir nous-mêmes. Malheureusement, les réunions professionnelles se transforment souvent en terrain d’affrontement des egos qui poussent l’âme à se mettre à couvert. Personne n’aime avoir tort ni voir son point de vue écarté en réunion. Pour assurer leur sécurité, les uns cherchent à dominer le débat, et les autres préfèrent battre tout de suite en retraite.

Chez Heiligenfeld, qui exploite un centre de désintoxication et quatre hôpitaux psychiatriques au centre de l’Allemagne, il y a trois façons de commencer une réunion :

  1. une minute de silence,
  2. une minute de silence et une lecture,
  3. ou : une minute de silence et une histoire drôle.

La réunion continue avec une question rituelle : « Qui va sonner la cloche aujourd’hui ? » Le volontaire prend possession d’une paire de « tingshas », petites cymbales à main qui produisent un joli son cristallin. Chaque fois qu’il a l’impression que les règles du jeu ne sont pas respectées, ou que la réunion est monopolisée par les egos et s’éloigne de son objet, il fait tinter les cymbales. Chacun doit se taire et la règle est qu’il faut laisser le son des cymbales mourir complètement avant d’avoir le droit de reprendre la parole, et vous seriez étonné du temps que cela prend. Pendant le temps de silence, les participants doivent se demander : « Est-ce que je me suis mis au service du sujet de la réunion et de l’entreprise ? »

in: Frédéric Laloux, Reinventing organizations, Vers des communautés de travail inspirées, Ed. Diateino, Paris, 2015

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